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L’éloquente fable de la tomate du Ghana
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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal

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Mardi, 19 janvier 2016

L’éloquente fable de la tomate du Ghana

Un accord de partenariat avec l’Union européenne est censé stimuler les économies africaines. Or, la tomate italienne se vend moins cher sur les marchés du Ghana que sa cousine indigène. Et pousse les petits paysans à émigrer vers les champs européens, où ils récoltent… les tomates qui les concurrencent. Les fruits écarlates mûrissent parmi les hautes herbes. Le paysan Kojo Ebeneku travaille pieds nus. Jour après jour, il cueille une tomate après l’autre. Il se bat contre les chenilles qui dévorent ses plantes, contre les prix en chute libre, contre les agriculteurs européens qui plantent sur d’immenses surfaces des tomates subventionnées et les expédient dans le monde entier. Il se bat contre l’Union européenne qui répartit ces subventions. Voilà dix ans que Kojo Ebeneku, 45 ans, récolte ses tomates. Il sait extraire les semences des plus beaux fruits, il sait creuser des trous dans la terre en trois coups de machette pour y déposer les graines. Il sait engraisser et arroser ses plantes. Mais il ne sait pas lire un livre, écrire des mots ni calculer ses revenus. Avec sa famille, il vit dans le village de Kualedor, au sud-est du Ghana, dans une hutte ronde de torchis couverte d’un toit de chaume. Le Ghana est l’Etat modèle de l’Afrique. Il vit en paix, les élections y sont libres, le produit intérieur brut (PIB) croît de 4% et plus par an. Les Ghanéens sont nombreux à espérer que leur pays se muera un jour en Etat industrialisé, leur apportant de l’emploi et le bien-être. Mais, pour l’heure, à l’instar de Kojo Ebeneku, la récolte ne suffit qu’à survivre. La plupart de ses compatriotes ne rêvent que d’aller ailleurs. En Europe. Au village de Kojo, presque chacun a un cousin, une tante ou un ami qui a grimpé sur un camion, traversé le désert et franchi la Méditerranée sur de précaires canots gonflables. Kojo Ebeneku les qualifie de désespérés, l’UE les appelle des réfugiés économiques. L’UE entend combattre les causes de ces flux de migrants, veiller à ce que les conditions de vie dans les pays d’origine s’améliorent. La stratégie est évidente. Mais il y a un os: l’UE entend également commercer avec l’Afrique. Or, ce commerce aggrave les conditions d’existence de Kojo et de ses semblables.

Source: L'Hebdo