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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal




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Mercredi, 19 avril 2017

Pourquoi l'augmentation de l'aide au développement ne bénéficie pas aux pays pauvres

Les chiffres de l'aide publique au développement (APD) dépensée par les pays donateurs en 2016, tels que vient de les publier l'OCDE, indiquent un montant record de 142,6 milliards de dollars. Cela représente non seulement une augmentation de 8,9% par rapport à 2015, mais aussi le double du montant nominal de l'APD en 2000. Les Objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en septembre 2000 par l'Assemblée générale des Nations Unies, ont donc contribué à mettre un terme à la "fatigue des donateurs" qui avait marqué les années 1990, lorsque les pays donateurs, débarrassés des contraintes géostratégiques de la Guerre froide, avaient fortement réduit leurs dépenses d'APD. Certes, relativement au revenu national brut (RNB) des pays donateurs, le résultat est beaucoup moins brillant, puisque l'APD n'a représenté en 2016 que 0,32% du RNB des pays donateurs - ce qui représente certes une hausse par rapport aux 0,3% de 2015, mais moins de la moitié de l'engagement international de 0,7%. Il n'en reste pas moins que le montant de 142 milliards d'APD est le plus élevé de l'histoire des pays donateurs de l'OCDE. Une telle augmentation devrait, en toute logique, représenter une bonne nouvelle pour les pays les moins avancés (PMA), dont les deux tiers des financements extérieurs dépendent de l'APD. Or il n'en est rien. En effet, l'APD destinée aux PMA a baissé de 3,9% entre 2015 et 2016. En d'autres termes, alors que l'APD mondiale a augmenté de près de 9%, l'aide disponible pour les pays les plus pauvres a chuté de près de 4%. Comment expliquer cet apparent paradoxe ? D'une part, par les conséquences budgétaires des conflits au Moyen-Orient et en Afrique, qui provoquent des vagues de réfugiés et des crises humanitaires. D'autre part, par le recours croissant des pays donateurs au "blending", c'est-à-dire à l'utilisation de l'APD comme levier pour mobiliser le secteur privé dans les pays en développement. La hausse des frais d'accueil des réfugiés et de l'aide humanitaire La multiplication des conflits aux frontières de l'Europe a engendré des vagues de réfugiés et des crises humanitaires, qui ont à leur tour entraîné une hausse des frais d'accueil des demandeurs d'asile et de l'aide humanitaire d'urgence : les frais d'accueil des réfugiés ont ainsi augmenté de 27,5% entre 2015 et 2016 et l'aide humanitaire d'urgence de 8%. Les demandeurs d'asile syriens, irakiens, afghans ou africains ont impliqué en 2016 des frais d'accueil importants qui ont été comptabilisés en APD par les pays donateurs.

Source: Levif