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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal




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Vendredi, 19 mai 2017

Briefing de Bruxelles 49 : Les jeunes dans l'agribusiness: l'avenir de l'agriculture

Près de 88 % des 1,2 milliard de jeunes dans le monde vivent dans des pays en développement. À l’échelle mondiale, les jeunes représentent environ 24 % des travailleurs pauvres, une tendance particulièrement marquée en Afrique où plus de 70 % des jeunes vivent avec 2 US$ par jour ou moins. Mais, alors que le nombre de jeunes devrait augmenter dans le monde, les possibilités d’emploi et de création d’entreprise des jeunes – tous sexes confondus – restent limitées. Et plus encore pour les jeunes qui vivent dans les régions rurales des pays en développement, confrontées à une stagnation de la croissance. Selon les projections, 60 % de la croissance de la main-d’œuvre mondiale entre 2010 et 2050 sera due à l’Afrique qui a la plus jeune population au monde, avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans (un chiffre qui aura doublé en 2045 selon la BAD).

En Afrique subsaharienne, le passage à l’agriculture se fait très jeune. La toute grande majorité des adolescents qui ont un emploi travaillent dans le secteur de l’agriculture. Sur les 60 % de jeunes qui travaillent à l’âge de 15 ans, près de 90 % sont occupés dans le secteur de l’agriculture. La proportion de personnes travaillant dans d’autres secteurs augmente régulièrement avec l’âge, en grande partie en raison du fait que les jeunes qui vont plus longtemps à l’école trouvent un emploi dans d’autres secteurs. Dans les zones rurales, où en raison des possibilités d’éducation limitées, les jeunes ne fréquentent pas l’école très longtemps, l’agriculture emploie plus de 90 % des 15 et 16 ans et environ 80 % des jeunes âgés de 24 ans et plus travaillent toujours dans ce secteur (même si certains déclarant que l’agriculture est leur activité principale exercent parfois aussi une activité non-agricole). Lorsqu’elles ont un emploi, les femmes travaillent davantage dans le secteur de l’agriculture que les hommes – et, contrairement à ces derniers, leur probabilité de travailler dans ce secteur ne diminue pas beaucoup avec l’âge. Une des raisons pour lesquelles tant de femmes restent dans l’agriculture est qu’elles quittent l’école plus tôt. Les possibilités d’emploi sont donc tracées bien plus tôt pour les femmes que pour les hommes.

La création de possibilités d’emploi pour les jeunes est l’un des tout grands défis de notre époque sur le front du développement. Il y a lieu de changer la façon dont les jeunes perçoivent l’agriculture.  Dans ce contexte, les politiques et les programmes axés sur les jeunes devraient chercher à identifier des interventions prioritaires sources de valeur ajoutée. Les décideurs politiques devraient comprendre à quel point il est important d’investir dans l’autonomisation des jeunes pour renforcer et soutenir les bases nécessaires à la transformation agricole. La création d’emplois plus nombreux et de qualité, notamment pour la jeune main-d’œuvre rurale, toujours plus nombreuse, doit être un objectif explicite des programmes d’agriculture et de développement rural. En outre, les politiques axées sur les jeunes et les investissements dans l’agriculture et le développement rural doivent figurer au rang des priorités.  Pour produire une main-d’œuvre qualifiée, il sera également essentiel de promouvoir des mesures incitatives visant à améliorer la qualité de l’enseignement. Nous devons nous attacher à mieux comprendre les besoins spécifiques des jeunes, améliorer leur capacité à se lancer dans des activités rémunératrices tout au long de la chaîne agricole et améliorer aussi leur accès aux marchés et au financement. Comme les jeunes sont souvent marginalisés dans ces processus, des plateformes et des mécanismes participatifs doivent être mis en place pour leur permettre de contribuer pleinement au dialogue politique, faire entendre leur voix et faire reconnaître leur situation.