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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal




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Lundi, 23 octobre 2017

L’Europe doit refonder le cadre de sa coopération avec l’Afrique

L’Afrique et l’Europe entretiennent des relations de longue date, notamment sur la base d’une série d’accords entre l’Union européenne (UE) et le groupe des 79 pays ACP (Afrique subsaharienne, Caraïbes, Pacifique). L’Accord de Cotonou, signé en 2000 pour vingt ans, a gardé la structure de ses prédécesseurs, lorsque l’Europe négociait avec ses anciennes colonies africaines. Il repose sur trois piliers : la coopération au développement, les relations commerciales et le dialogue politique. Il y a urgence à se rendre compte que le contexte de la coopération a radicalement changé et que notre partenariat avec l’Afrique est dépassé. Plus important encore, nous devons prendre conscience de ce que les Africains attendent de nous. Le monde est aujourd’hui multipolaire, l’Europe doit trouver sa place entre les mesures extraterritoriales agressives des Etats-Unis et l’apparition de stratégies globales d’expansion en provenance des pays émergents, avec en premier lieu la Route de la soie chinoise. Ces acteurs apportent de nouvelles visions de la coopération et rendent obsolète le prisme d’analyse de la coopération Nord-Sud.Avec le Brexit, la politique européenne de coopération au développement, autrefois portée par le Royaume-Uni et la France, s’effrite au sein même de l’UE. Le principal outil de coopération, le Fonds européen de développement (FED), verra ainsi ses ressources amputées de 15 %. La plate-forme UE-ACP, créée à l’occasion des accords, est victime de lourdeurs administratives et de manque de dynamisme. La Commission européenne elle-même reconnaît que « la coopération entre l’UE et ses partenaires dans les enceintes multilatérales n’a pratiquement pas été utilisée » et que « le cadre institutionnel actuel présente d’importantes lacunes ». Enfin, d’ici à 2050, la population de l’Afrique devrait doubler pour atteindre 2,4 milliards d’individus, soit le quart de la population mondiale. Il faut donner à ces forces vives les moyens de prendre leur destin en main, de participer au développement du continent et de bénéficier des fruits de sa croissance. C’est un enjeu économique, sécuritaire et sociétal pour nos deux continents.

Source: www.lemonde.fr