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La libéralisation du marché du sucre inquiète l’outre-mer
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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal

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Lundi, 12 mai 2014

La libéralisation du marché du sucre inquiète l’outre-mer

Alors que se profile la libéralisation du marché européen du sucre, un rapport parlementaire demande la mise en place d’un soutien spécifique aux départements d’outre-mer, où la filière est fragile. La canne à sucre est mal armée pour faire face à la libéralisation du marché européen du sucre de 2017. Selon les conclusions d’un rapport parlementaire, la fin du régime de soutien européen à la filière sucre va mettre en péril la production dans les départements d’outre-mer (DOM). La Guyane, la Martinique, la Guadeloupe, mais surtout la Réunion, vivent en grande partie de la production de sucre, aujourd’hui fortement protégée par les règles européennes.
Mais en 2017, l’organisation commune du marché du sucre qui prévoit entre autres un régime des quotas de production par pays et des prix de soutien doit prendre fin. L’UE avait préparé la fin de ce régime et notamment des prix plancher en 2015, avant de finalement reporter la réforme à 2017. Plusieurs effets sont attendus : l’alignement des cours européens sur les cours mondiaux, actuellement plus bas, et un renforcement de la compétitivité du secteur.
Dans les Départements d’outre-mer (DOM), la libéralisation du marché du sucre européen s’annonce difficile. La filière de la canne à sucre représente en effet quelque 20 000 emplois directs ou indirects, selon les auteurs du rapport.
Le différentiel de compétitivité entre la canne à sucre et la betterave est substantiel : après subvention de l’UE, il s’élève en moyenne à 200 euros par tonne au détriment de la canne à sucre. Après 2017, il devrait atteindre 237 euros par tonne, note le rapport. Pour éviter de déséquilibrer la filière, les députés ont appelé l’État français à augmenter ses financements en faveur des producteurs de sucre dans les DOM. Aujourd’hui le plafond des aides d’État aux Dom est de 90 millions d’euros.
Reste que les betteraviers européens ne seront pas les seuls à qui profitera la libéralisation du marché. Grâce aux préférences commerciales accordées par l’UE à un certain nombre de pays comme le Panama ou la Colombie, les tarifs douaniers sur le sucre sont revus à la baisse. « Le problème, c’est que les producteurs de ces pays ne respectent pas toujours les normes imposées aux producteurs européens » déplore Jean-Claude Fruteau.
Pour faire face en partie à cette concurrence nouvelle, le rapport propose également de maintenir des tarifs douaniers -  sur le sucre roux uniquement - en provenance des pays tiers.

Source: Euractiv