Imprimer

Lundi, 23 octobre 2017

Juncker: «les États membres contribuent trop peu au fonds pour l’Afrique»

Après un premier tour de négociations lors du premier jour du Conseil, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a prévenu devant la presse que l’action extérieure de l’UE atteignait ses limites à cause d’un manque de financement. « Nous atteignons nos limites en ce qui concerne le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique », a déclaré Jean-Claude Juncker le 19 octobre. « Nous avons commencé à dire que nous verserions 1,8 milliard d’euros de nos poches pour aider l’Afrique, puis nous sommes passés à 2,5 milliards, puis à 3,1 milliards d’euros, avec de l’argent fourni par la Commission en restructurant le budget. Les États membres se sont pour l’instant engagés à verser 175 millions d’euros, ce qui n’est clairement pas suffisant », a-t-il asséné. Près de 3 milliards d’euros de fonds pour le développement ont été collectés via le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, dans le but de renforcer le contrôle aux frontières, d’améliorer la gestion de la migration, de favoriser la résilience et de créer de nouvelles opportunités d’emplois dans 26 pays africains. Jean-Claude Juncker a toutefois rappelé que cet argent avait été pris du budget européen existant, et que les experts du développement avaient mis en garde contre le détournement de l’argent du développement dédié à des programmes à long terme pour des mesures ponctuelles pour stopper la migration. Les chiffres fournis par la Commission parlent en effet d’eux-mêmes. Les pays ont versé beaucoup moins d’argent que promis, et certaines contributions sont même symboliques. Par exemple, l’Allemagne a promis 51 millions d’euros et n’a apporté que 23 millions d’euros, la France n’a promis et versé que 3 millions d’euros. La Belgique a quant à elle promis 6 millions d’euros mais versé que 3 millions d’euros. Quant aux pays de l’Est, ils n’ont dans l’ensemble promis et apporté que des montants minimaux : 50 000 euros pour la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie et la Slovénie et 70 000 euros pour la Hongrie.L’Italie est un cas à part. Le pays enregistre la contribution la plus élevée avec 92 millions d’euros pour le moment. Mais c’est aussi le pays qui a dû prendre ses propres mesures pour juguler l’arrivée non contrôlée des migrants. Les dirigeants européens se sont accordés le 19 octobre à fournir un « soutien plus renforcé » à l’Italie pour son travail.

Source: Euractiv