Teknoloji Haberleri internet Haberleri Web Güvenliği Teknoloji Yazılım Bilim Teqnoloji Yazılım C# Dersleri C# Programlama
Push-Pull : un modèle pour la révolution verte en Afrique
Novembre 2019
L Ma Me J V S D
28 29 30 31 1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 1

 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal

Twitter

Suivez le CTA Brussels Daily

 

twitter logo

 

facebook logo cta

Jeudi, 04 avril 2013

Push-Pull : un modèle pour la révolution verte en Afrique

L'approche de conservation agricole « push-pull », une technologie qui exploite les rapports naturels insecte-plante et insecte-insecte, peut être employée pour contrôler la présence d’organismes nuisibles tels que les insectes foreurs de tige et l'herbe striga dans les champs de maïs, permettant ainsi d'améliorer considérablement les moyens de subsistance des agriculteurs ayant peu de ressources en Afrique subsaharienne.
Le push-pull a été mis au point il y a plus de dix ans par des scientifiques du Centre International de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) - un centre de recherches indépendant situé à Nairobi (Kenya) - avec le financement de l'UE et du gouvernement britannique, entre autres.
Il s'agit d'un système agricole impliquant trois variétés de cultures différentes :  le maïs (une céréale sans défense face aux organismes nuisibles locaux, étant donné qu’elle n'est pas indigène) et deux plantes vivaces qui l’accompagnent, à savoir l'herbe Napier (une herbe indigène d'Afrique) et le desmodium
Cette technique est économique et adaptée aux petits producteurs régionaux ayant peu de ressources, étant donné qu'elle se base sur les plantes présentes localement et s'intègre aux systèmes culturaux africains traditionnellement mixtes.
Elle consiste à cultiver entre les rangs de maïs une plante répulsive, telle que le desmodium, et à planter en lisière du champ constitué de ces deux plantes une herbe qui attire et piège les nuisibles, comme l'herbe Napier.
Le desmodium produit une odeur qui « repousse » les insectes foreurs de tige des rangées de maïs. Il recouvre également le sol entre les rangs et empêche ainsi le striga de pousser. À l'inverse, l'herbe Napier attire les insectes foreurs de tige et « invite » ces organismes nuisibles à déposer leurs œufs sur ses feuilles tout en empêchant le développement des larves.

Le desmodium est une plante vivace de couverture, capable d'empêcher la poussée du striga même en dehors de la saison de culture de la plante principale. Combinée à l'herbe Napier, il protège ainsi les sols fragiles de l'érosion. Il fixe également l'azote, préserve l'humidité du sol, enrichit la matière organique du sol et permet dès lors aux systèmes de cultures céréalières d'être plus résistants et de mieux s'adapter au changement climatique.

Les insectes foreurs de tige, le striga (mauvaise herbe parasite) et la faible fertilité du sol représentent trois des principaux freins à la culture efficace de céréales en Afrique subsaharienne. Les pertes de cultures provoquées par des insectes foreurs de tige et par le striga s'élèvent chaque année à près de 7 milliards d’USD, et touchent principalement les agriculteurs de subsistance disposant de peu de ressources.

En 2012, l'approche « push-pull » était déjà adoptée par près de 60 000 petits producteurs d'Afrique de l'Est (Tanzanie, Kenya, Ouganda et Éthiopie). Dans les cas étudiés, les rendements des champs de maïs ont triplé grâce à cette technique, passant d'environ 1 t/ha à 3.5 t/ha. L'ICIPE a pour objectif d'atteindre 1 million de petits producteurs au cours des prochaines années.
Le principal défi associé à cette technique est qu'elle demande des connaissances spécifiques approfondies. Son application à grande échelle nécessite donc des formations et une diffusion étendue. Les semenciers ont par ailleurs tendance à être réticents à produire des semences de desmodium. En effet, cette plante étant vivace, les producteurs n'ont pas besoin de l'acheter à chaque fois.  

L'ICIPE (le Centre International de physiologie et d’écologie des insectes) est un institut de recherches panafricain qui étudie les insectes tropicaux dans un objectif de développement. L'ICIPE a été créé en 1970 dans le but d'effectuer des recherches sur des méthodes non polluantes, non résistantes et abordables pour procurer aux communautés ayant peu de ressources les moyens nécessaires à l'application de stratégies de gestion des organismes nuisibles et des vecteurs pathogènes.
Grâce au financement de l'Union européenne, le projet ADOPT (Adaptation et Diffusion de la technique « Push-Pull ») est actuellement en cours d'élaboration.

Source : CTA Bruxelles, ICIPE