Teknoloji Haberleri internet Haberleri Web Güvenliği Teknoloji Yazılım Bilim Teqnoloji Yazılım C# Dersleri C# Programlama
APE : « retour à la case départ »
Juin 2019
L Ma Me J V S D
27 28 29 30 31 1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30

 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal

Twitter

Suivez le CTA Brussels Daily

 

twitter logo

 

facebook logo cta

Jeudi, 23 mai 2013

APE : « retour à la case départ »

Pour l’économiste Paul Collier, codirecteur du Centre pour l’étude des économies africaines, il serait plutôt inconsidéré pour l’Afrique d’accorder un accès préférentiel à l’Europe. Au lieu de continuer à vouloir imposer des délais sur les APE, l’UE devrait repenser sa stratégie.
L’Europe doit s’ouvrir à l’Afrique et les pays africains doivent s’ouvrir mutuellement leurs marchés. Entre les 55 pays du continent, les barrières au commerce sont importantes. Si l’Afrique devenait une zone de libre-échange, cela aurait également des avantages pour l’Europe. L’Afrique deviendrait plus riche et ouvrirait un marché important où l’Europe pourrait opérer plus facilement.
Le Parlement européen a déterminé que les pays d’Afrique australe devraient ouvrir leurs marchés début 2014 : Tous les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) qui n’ont pas encore signé l’accord de partenariat économique (APE) doivent le faire avant le 1er octobre 2014. À défaut, ils ne pourront plus exporter vers la zone UE en exemption de taxes.
Durant des décennies, les anciennes colonies européennes ont bénéficié d’un accès préférentiel aux marchés européens en vertu de divers accords commerciaux. Par exemple, en 1975, 79 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (pays ACP) ont signé un accord commercial à Lomé, qui leur proposait un accès unilatéral au marché. Cependant, en 2000, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) l’a déclaré illégal. C’est là qu’est intervenu l’Accord de Cotonou. L’accord instaure cependant un nouveau système : les accords de partenariat économique (APE), qui permettent des accords commerciaux réciproques, impliquent que non seulement l’UE offre un accès exempt de taxes aux exportations ACP mais que les pays ACP fournissent également un accès exempt de taxes à leurs marchés. Depuis 2008, l’UE et les pays ACP négocient les APE.
Pourtant, l’Organisation mondiale du commerce autorise un accès unilatéral au marché dans des cas exceptionnels. Cela s’applique aux pays les moins développés du monde, dont 34 sont situés en Afrique. Les pays moins développés (PMD) ACP sont couverts par le règlement « Tout sauf les armes », en vertu duquel ils ne subissent aucune conséquence s’ils ne signent pas l’accord de libre-échange avec l’UE et peuvent continuer à exporter tous les produits sauf des armes en exemption de taxes dans l’UE. Mais les pays qui ne sont pas des PMD sont contraints à signer les APE d’ici 2014. À défaut, les pays plus développés comme le Kenya, le Ghana, le Cameroun et le Botswana perdraient leur accès privilégié aux marchés de l’UE.
Néanmoins, Collier est convaincu que l’interprétation par l’UE des règles de l’OMC, sur la base desquelles les APE sont fondés, est trop stricte. Il souligne que depuis 2000, les États-Unis ont autorisé un accès exempt de taxes à de nombreux produits d’Afrique, en vertu de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) et que l’OMC n’est jamais intervenue.
De plus, au sein de l’UE, même le conseiller de la Chancelière allemande Angela Merkel en charge des affaires africaines, Günter Nooke, a ses doutes : « Je pense que nous devons retourner à la case départ », aurait-il déclaré.

Source : Deutsche Welle