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Le sucre mauricien retombe sur ses cannes
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 Invité: Vincent Martin, FAO Sénégal

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Lundi, 06 octobre 2014

Le sucre mauricien retombe sur ses cannes

Malgré la perte de son accès privilégié au marché européen en 2009, le secteur est parvenu à rester viable. Notamment en passant d'une économie de plantation à une industrie de transformation.

Pas un nuage à l'horizon. Le ciel d'azur se reflète dans l'asphalte noir fraîchement étalé sur la chaussée. Des deux côtés de celle-ci, un mur de végétation ferme le paysage. Les plumeaux scintillent sous le soleil de juillet, la canne est mûre. Dans quelques jours, la récolte va démarrer et une noria de poids lourds martyrisera cette départementale tirée entre la côte et l'autoroute qui monte vers le nord en direction de Port Louis, la capitale de Maurice. Dans les champs, les premières coupeuses mécaniques aux vis sans fin aussi pointues qu'une défense d'éléphant s'activent déjà.

À mesure que l'on s'éloigne du chantier, l'odeur de goudron chaud laisse progressivement la place à celle, plus acidulée, de la canne. Et les papilles frétillent quand se profile l'usine sucrière du lieu-dit La Baraque, la dernière encore en activité sur les sept établies dans la partie méridionale de l'île jusqu'en 2006. Avant le séisme. "Cette année-là, le protocole sucre que l'on croyait éternel à Maurice a commencé à être démantelé par l'Union européenne [UE]", soupire Gérard Chasteau de Balyon, directeur de la stratégie chez Omnicane, le propriétaire des lieux. Après avoir bénéficié pendant trente ans d'un accès préférentiel au marché européen avec prix et quotas garantis, les barons du sucre mauricien doivent brutalement revoir le modèle économique hérité de la colonisation britannique, au début du XIXe siècle.

Seul produit d'exportation de l'île, l'or roux est alors écoulé exclusivement au Royaume-Uni. "À l'état brut uniquement, puisque Londres nous a interdit jusqu'en 1923 de raffiner nous-mêmes notre sucre", rappelle François Audibert, le directeur des opérations d'Omnicane. Puis en direction de l'UE, dans le cadre des conventions et accords qu'elle a passés depuis 1975 avec des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Sommé dès 2003 par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) de se conformer aux règles de la concurrence, Bruxelles met fin au protocole le 30 septembre 2009. "Le lendemain, les revenus de la filière chutaient de 36 %", se souvient Gérard Chasteau de Balyon.

Heureusement, l'industrie sucrière mauricienne n'avait pas attendu d'être placée devant le fait accompli pour s'inventer un nouveau destin. Depuis 2001, avec l'aide du gouvernement, elle a constamment réduit la voilure et s'est surtout engagée sur la voie de la valorisation de sa production.

Source : economie.jeuneafrique.com